6. Je sais que tu vas recommencer

06Je sais que tu vas recommencer

Beaucoup d’incompréhension de la part de l’entourage et de la société pèse souvent sur les victimes de violence dans le couple. Pourquoi restent-elles avec une personne qui les maltraite ? Pourquoi ne mettent-elles pas un terme à leur relation ? Les facteurs économiques et sociaux (difficultés financières, absence de logement, isolement, risque de perte du permis de séjour), et l’emprise qu’exerce sur elles leur partenaire permettent d’expliquer en partie cette difficulté à partir.

Un autre élément important à prendre en compte dans les questions de violence domestique est la manière dont celle-ci s’exprime. La violence est rarement présente en continu, mais apparaît plutôt sous la forme d’un cycle. Après une crise où la violence éclate, la personne se justifie en trouvant des excuses à son comportement violent (fatigue, stress, alcool, passé familial difficile, etc.) ou en rejetant la faute sur la victime (son attitude l’a poussée à bout, l’a provoquée, etc.), s’ensuit une période « lune de miel » où le calme revient, la violence disparaît, la personne fait tout pour se faire pardonner et ne pas se faire quitter, jure de ne plus jamais recommencer. Cependant, cette accalmie ne dure pas, la tension finira à nouveau par monter et la violence par exploser : c’est une spirale infernale. Les épisodes de violence auront également tendance à devenir de plus en plus fréquents et intenses au cours du temps.

Briser le cycle de la violence est essentiel pour s’en sortir, mais ceci n’est pas toujours facile pour les victimes. Les périodes « lune de miel » sont agréables et nourrissent l’espoir d’une vie de couple sans violence. Les excuses, les pleurs, les regrets, les promesses de l’autre paraissent sincères et signes d’une réelle prise de conscience et démarche de changement de sa part. Arrêter d’user de la violence est possible, à condition d’assumer la responsabilité de ses actes (donc de ne pas chercher à les justifier) et d’entamer un réel travail sur soi.

Dire « je sais que tu vas recommencer » est souvent le premier pas à franchir pour sortir de la violence.

Illustration : Marika Barman

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